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mar 14

Le défi de vivre. Œuvre philosophique de Pierre Bertrand. Chapitre 6 : L’homme et l’animal. Partie 4, Placée au-dessus de tout, la pensée détruit tout !


Avant de plonger plus avant dans l’œuvre (1) du philosophe, revoyons rapidement nos apprentissages liés au dernier billet.

a)     L’homme a créé la civilisation et s’est éloigné de la nature où se situe l’animal. La pensée a ses bons côtés mais elle est néfaste quand elle nous fait oublier nos origines naturelles.

b)     La pensée nous a même mené à détruire la nature qui nous supporte. Elle nous a aussi mené à nous entretuer. Elle est néfaste quand elle prend la première place.

c)      La pensée et non seulement l’imagination est maîtresse d’erreur et de fausseté. Sur le plan de la vie, elle trompe et se trompe.

d)     J’adore cette expression de Pierre : la pensée met la vie hors d’elle-même. Elle expulse la vie, la gomme, la pulvérise. La pensée est un masque, elle produit des masques.

Notre philosophe s’attaque ici à la cruauté envers les animaux. À ses yeux, elle a lieu parce que certains humains croient les animaux inférieurs à nous.

« Parce que nous pensons et parlons, nous nous sentons au-dessus d’eux et en droit de leur faire subir les pires souffrances. Comme si leurs souffrances comptaient moins que les nôtres. Que connaissons- nous de l’intelligence et de la sensibilité des animaux que nous enfermons, que nous attachons, que nous marquons, que nous domptons, dont nous brisons par nos agissements la fibre animale, sauvage et vitale ? Il est possible d’agir de même avec un humain. À force de contraintes et d’humiliations, nous pouvons le briser et l’amener à obéir. Nous tuons son esprit. Ne faisons-nous pas de même avec trop d’animaux ? Nous les assujettissons par toutes sortes de moyens, ayant tous à voir avec une forme de contrainte et de violence. » (2)

On voit que le philosophe ne s’attaque pas seulement à la cruauté mais à tout ce qui fait violence à la fibre vitale de l’animal, entre autres, le dressage. Pensons aux chevaux, aux chiens et tout ce qu’on leur fait faire qui devient spectacle et génère de l’argent.

Nous allons même assister à une attaque en règle des vices humains.

« L’insensibilité, la cruauté, la bonne conscience de l’homme laissent pantois. Quel drôle de mélange ! Il peut y avoir le Dieu d’amour d’un côté et la pire cruauté gratuite de l’autre, l’un servant même à justifier l’autre ou à faire en sorte que l’autre puisse s’exercer en toute bonne conscience. L’homme n’est pas moins enfermé dans son espèce que ne le sont les animaux qu’il juge inférieurs à lui. Il est enfermé dans ses valeurs. Autant les proches — ceux de la famille et du clan — sont intouchables, autant on peut disposer de ceux qui sont loin. Peu importe que ce soit la pensée qui règne au lieu de l’instinct. La pensée n’est qu’un instinct qui s’est développé et a pris le pouvoir sur les autres. Cet instinct a même pris un pouvoir excessif au détriment des autres, créant ainsi un dangereux déséquilibre dans lequel l’homme ne met pas seulement la vie des autres en danger, mais la sienne également. » (3)

Quel portrait à charge contre l’homme soi-disant supérieur ! Nous aussi sommes enfermés. Dans nos valeurs ! On reconnaît ici tous ceux pour qui seule la famille compte et les autres sont quantités négligeables. Méfions-nous donc de cette pensée hégémonique destructrice.

Comparant l’enfant à l’animal, l’auteur va très loin dans son réquisitoire.

« L’enfant innocent et vulnérable est-il inférieur à l’adulte puissant au point que celui-ci puisse en faire ce qu’il veut? Ou l’innocence et la vulnérabilité mêmes ne sont-elles pas des valeurs infiniment précieuses qu’il faut préserver de toute atteinte par l’esprit de corruption sous toutes ses formes ? N’y a-t-il pas dans l’innocence une forme d’intelligence se trouvant davantage au diapason de la nature que celle, habile, rusée, cynique, de l’homme adulte et civilisé ? » (4)

La domination, la supériorité, la puissance partout valorisées mordent la poussière sous la plume du philosophe ! La volonté de contrôle et la bêtise humaine ne conduisent-elles pas l’homme à violenter, opprimer et tuer ses propres enfants ?

Dans le long extrait qui suit vous verrez à l’œuvre la force de la réflexion philosophique de Pierre Bertrand. Je le vois comme tout un programme de vie pour se percevoir au même niveau que tous les êtres vivants et en quête de solution de l’énigme de la vie. Que ce soit pour les animaux ou les autres humains, l’homme doit s’ouvrir ! Lisez bien !

« Il y a plusieurs formes d’esprit et ce n’est pas un signe d’intelligence pour l’esprit humain de s’ériger en norme. L’homme doit au contraire s’ouvrir à ce qui est autre. Cet autre est non seulement l’animal mais l’homme lui-même. Celui-ci se présente à lui-même comme une énigme. Si l’homme cesse de se questionner et de s’étonner, c’est parce que le conditionnement des connaissances et des croyances propres à l’époque se révèle trop grand, obnubilant son esprit comme l’esprit de l’animal est obnubilé par ses instincts. L’animal est d’emblée énigme, même s’il ne se pose pas de questions. Sa vie ne va jamais de soi. Il est constamment confronté à la mort. Semblablement, au-delà des réponses provenant de son conditionnement, l’homme est silencieusement confronté à l’énigme qu’il ne peut jamais formuler adéquatement, l’énigme se trouvant en deçà ou au-delà de tout discours, qu’il soit religieux, philosophique ou scientifique. » (5)

N’allez pas croire que Pierre encourage l’obscurantisme en attaquant ainsi culture et civilisation ! Il propose surtout un équilibre dynamique, dialectique entre connaissances et vie ! Je le vois ainsi ! Nous poursuivrons ce périple magnifique la prochaine fois !

__________

(1) Pierre Bertrand, Le défi de vivre, Éditions Liber, Montréal 2009, 229 pages.

(2) Idem, pages 74 et 75

(3) Idem, page 75

(4) Idem, pages 75 et 76

(5) Idem, pages 76 et 77

août 8

Que ressentez-vous à la première neige ?

Posted on Dimanche, août 8, 2010 in Nature, Neige, Souvenirs, Écrits

On en voit de toutes les couleurs ! Quelquefois, ça fait des journées, voire des semaines qu’octobre nous a apporté du froid et l’air sent la neige. Si on lève bien le nez et qu’on hume, on peut sentir la neige venir. Comme à la fin de l’été, certaines journées venteuses, on peut remarquer l’arrivée de nuages d’automne.

D’autres fois, la neige arrive complètement inattendue. Quand j’étais jeune, je ne faisais pas ces distinctions. La neige était un signal, un symbole, une joie incommensurable : le changement de saison et, dans mon cas, le plaisir de lancer des boules de neige qu’on appelait balles de neige à l’époque.

La neige tombait et la voir tomber, évaluer la vitesse de la chute, la grosseur des flocons, le temps avant que les flocons ne fondent dans nos main chaudes, tout cela était un plaisir renouvelé. Le plus souvent cette première neige fondait mais le matin où on la voyait s’accumuler au sol représentait une récompense suprême. Maman avait déjà tout prévu et tout l’attirail pour aller jouer dans la neige était prêt.

Tous les enfants de la rue se retrouvaient spontanément et le but premier était de tenir cette neige dans nos mitaines totalement mouillées au bout d’à peine 10 minutes. On en faisait des boules qu’on lançait aux autos qui passaient ou aux passants. Nous visions les chapeaux sans toujours les attraper et le plaisir était de se sauver à la course lorsqu’un de ces passants se fâchait noir. Je ne fus jamais attrapé ni mes amis. Je crois que ces passants voulaient surtout nous apeurer plus que nous faire de mal.

L’agrément suprême arrivait lorsque cette première neige se transformait en tempête qui durait jusqu’au lendemain. Quand 1 pied ou 2 (30 à 60 cm) tombaient, c’étaient les forts avec créneaux et les combats en règle. Nos parents nous avaient bien prévenus de ne pas cacher de roches ou d’objets durs dans nos balles car il existait des histoires où des enfants avaient perdu un œil à cause de ces balles.

L’un de mes amis avait imaginé un stratagème encore plus menaçant. Il avait ramassé des couvercles de boîtes de conserve chez lui et les inséraient dans les balles. Il a blessé sérieusement un enfant à la joue un beau jour et il n’a plus jamais recommencé. Nous ne l’avons pas dénoncé à la condition qu’il ne fasse plus jamais cela.

Des chemins dans la neige, des patinoires improvisées, des forts, des combats, des cavernes, que de beaux souvenirs toute cette neige ! Elle a perdu de la beauté à mes yeux lorsque j’ai atteint l’âge adulte et que j’ai dû la pelleter.

Maintenant que je suis à la retraite et que je n’ai plus à pelleter, je la trouve belle de nouveau.

Mais pourquoi donc un billet sur la neige en ce début d’août ?

J’ai dit !

mai 27

Le défi de vivre. Œuvre philosophique de Pierre Bertrand. Chapitre 2 : La pensée et le langage, partie 9. Dieu n’est qu’un résultat de l’infatuation de la pensée humaine, de notre orgueil crasse.


Mes chers ami/es, que nous reste-t-il en mémoire de la pensée de notre philosophe en résidence présentée dans le dernier billet ? (1)

L’humain fuit constamment la réalité en brandissant ses images, ses concepts et ses mots. Celle-ci le rattrape à sa mort. L’humain craint le silence et tente de le combler souvent par n’importe quelle distraction.

Nous idéalisons la réalité, nous l’embellissons. L’art rivalise avec la réalité. Nous avons de la difficulté à épouser la réalité.

L’inconnu est proche de nous mais nous le croyons familier parce que nous le dénaturons par nos images et idées. La pensée s’illusionne affirme Pierre Bertrand.

« Elle le fait très tôt, dès la naissance de la philosophie avec Platon, en établissant une division entre l’intelligible et le sensible, elle-même se situant du côté de l’intelligible, le corps étant renvoyé du côté du sensible. L’unité du corps vivant est brisée dès que la pensée atteint un certain degré d’évolution ou de développement. La pensée se proclame l’âme ou l’esprit et elle se sent enchaînée à un corps. Cette division, comme l’a vu Nietzsche, prend des proportions cosmiques : le ciel contre la terre, l’au-delà contre l’ici-bas, l’invisible contre le visible. D’un seul tenant, la terre, la vie et le corps sont dévalorisés, à savoir rien de moins que la position d’immanence elle- même, c’est-à-dire la source de tout. » (2)

Vous voyez comment cette erreur des débuts est venue jusqu’à nous en passant par la religion ? Sans compter les idéalistes comme Kant, Hegel et les autres !

Notre auteur, à mon humble avis, enfonce le dernier clou géant dans le cercueil des religions. Lisons bien la prochaine citation en nous rappelant tout ce que nous avons appris jusqu’ici !

« La pensée s’autoproclame source de tout. C’est toute l’histoire de l’idéalisme en philosophie, où la pensée pousse la mégalomanie jusqu’à prétendre créer le monde à son image. Un tel monde devient davantage symbolique et imaginaire que réel. En se développant, la pensée se projette non seulement dans une âme ou un esprit séparé, mais dans des dieux immortels, puis dans un Dieu éternel. Elle se porte littéralement aux nues. Elle s’autodivinise et c’est toujours elle qui parle par la bouche des dieux ou de Dieu. L’idéalisme de la religion, subordonnant ce monde-ci à un autre monde, parfait ou paradisiaque, n’est que le prolongement de l’idéalisme spontané de la pensée, subordonnant, comme le fait Platon, le réel à l’idée. Dans le christianisme, Dieu est appelé Verbe, mais qu’il s’agisse de Verbe incarné, de Parole divine, d’Écriture sainte, de Livre sacré, c’est le discours de la pensée qui est de la sorte exalté. La pensée se soûle d’elle-même. Le Jugement dernier devient l’ultime acte de la Pensée divinisée. » (2)

Cet écrit de notre auteur sera une des pierres d’assise de la philosophie mondiale du XXIème siècle. Dieu n’est qu’un résultat de l’infatuation de la pensée humaine ! Je ne cherche pas les formules creuses, j’essaie d’intégrer des connaissances fondamentales.

Et voyant maintenant d’où nous vient la sornette de l’immortalité de l’âme :

« Plus la pensée se développe, plus elle se vénère en s’isolant et en niant ses liens profonds avec le corps vivant. L’homme se sépare, à l’instar de Dieu, de la nature. Puisque l’homme s’identifie à la pensée, plus celle-ci se développe, plus il s’arroge un pouvoir qu’en réalité il n’a pas, n’étant qu’un fragment de la nature. Mais la pensée s’aveugle. Dans la religion, et notamment dans le christianisme, elle se met elle-même à l’origine du monde comme Verbe et elle le clôt comme Jugement. Comme elle ne peut envisager la mort, celle-ci se dérobant à sa prise, elle se proclame immortelle, seul le corps mourant. » (3)

« L’homme se sépare de la nature » Faut-il voir là une des sources de la détérioration de la nature ? Puisque nous ne sommes pas elle mais plus « importants » qu’elle, pourquoi s’en occuper ? Comme notre corps, elle peut mourir puisque notre « âme », elle, survivra pour les siècles de siècles ! Orgueilleux et présomptueux humains. Bêtise.

Dans notre société, la religion se meurt mais est-ce le signe que notre raison reviendra au bon sens ? Non. Une autre idéologie prend la place : «Dans la philosophie et dans la science, sa volonté de puissance s’exprime par la volonté de tout comprendre et de tout expliquer et, par la technologie, de tout maîtriser. Dans le monde moderne, la pensée devient hyperprédatrice. Sa volonté de puissance continue de s’exprimer dans le langage religieux, mais sa langue moderne est celle de la science et de la technologie. » (4)

Dans mon prochain billet, nous verrons comment la pensée génère sa propre souffrance lorsque celle-ci ne vient pas de l’extérieur. Au plaisir de vous retrouver chères lectrices et chers lecteurs !

__________

(1) Œuvre à l’étude : Pierre Bertrand, le défi de vivre, Éditions Liber, Montréal 2009, 229 pages.

(2) Idem, page 35

(3) Idem, page 35 et 36

(4) Idem, page 36

avr 21

Le défi de vivre. Œuvre philosophique de Pierre Bertrand. Chapitre 2 : La pensée et le langage, partie 6. Sans religions sans idéologies nous nous retrouvons devant l’inconnu mais avec une force nouvelle.


Il faut donc se méfier des gourous. Ils ne savent pas plus que nous où ils vont. On ne peut comprendre la vie, c’est elle qui nous comprend.

L’attitude sceptique est la plus adaptée face aux diverses réponses existentielles : que ce soit celles des diverses écoles philosophiques ou celles des religions. Les problèmes existentiels ne peuvent être résolus que sur le plan de la vie, pas dans des livres ou des doctrines.

La vérité, c’est ce qui arrive. Ce n’est pas une révélation quelconque. Les recettes ne fonctionnent pas dans la vie aussi bien qu’en art culinaire. Bien que même là, on ne réussit pas toujours à atteindre la saveur du chef ou de la cheffe.

Notre pensée a besoin d’un point fixe, d’une île pour se reposer. Mais il n’y en a pas de fiable. Même pas une bouée. Il n’y a de sûr et de vrai que le grand mouvement sans commencement ni fin de la réalité ou de la vie. Il faut surtout porter attention à la manière de vivre cette vie. Et cette manière elle-même est mouvante. Faisons face plutôt que de nous enfuir en plongeant la tête dans la bible, le coran ou toute autre recette magique.

L’auteur nous présentait aussi sa conception du philosophe : liberté d’esprit, sans lien avec aucune idéologie ou groupe. Il remet tout en question à commencer par la notion de vérité. (1)

Alors nous continuons notre plongée dans la pensée de cet homme de la complexité. Si plus rien ne tient, ni philosophies millénaires, ni religions « révélées », ni prêchi-prêcha sectaire ou idéologie (théologie ?) soi-disant libératrice, devant quoi nous retrouvons-nous ? Devant l’inconnu répond le philosophe. Lisez :

«Le philosophe ne nous donne rien, mais nous retire au contraire ce que nous pensons posséder. Il nous dénude, nous met face à notre fragilité. Paradoxalement, c’est quand nous abandonnons nos convictions et nos protections que nous jouissons d’une force nouvelle. Rien n’est résolu pour autant, aucune formule, aucune croyance ne tient. Mais dans le face à face ou le corps à corps avec l’inconnu, nous sommes amenés à déployer toute la puissance dont nous sommes capables. Le philosophe ne nous révèle aucune vérité, ne nous donne aucune sagesse, ne nous fournit aucune clé nous permettant d’ouvrir la porte du bonheur, il nous amène simplement à être plus vivants — à participer davantage à l’inconnu ou à l’énigme. » (2)

Nous jouirions d’une force nouvelle ! L’inconnu nous provoque à déployer toute la puissance dont nous sommes capables. Le philosophe nous rapproche de la vie. Il ne peut nous transmettre la vérité car celle-ci est indicible. Ici le philosophe se permet une remarque sociétale judicieuse : « Il est ironique de constater, alors qu’on met tant l’accent sur la communication, que l’essentiel ne se communique pas. » (3)

« L’essentiel se dérobe de lui-même et le fait qu’il soit incommunicable appartient à sa nature même. La pensée et le discours touchent leurs limites. C’est en allant au bout d’eux-mêmes, en donnant tout ce dont ils sont capables, qu’ils sont amenés à se faire modestes. L’indicible n’est donc pas un signe d’impuissance. C’est la nature même des choses qui assigne des limites à notre pouvoir de penser, de dire et de communiquer. La vie est première, et la pensée et le discours ne viennent qu’ensuite, quitte à ce qu’ils prétendent comprendre et maîtriser. La source de vie est toujours déjà en train de couler, surgissant d’un fond sans fond dont la pensée et le discours ne peuvent rendre compte puisqu’ils en sont eux-mêmes des manifestations. » (3)

Remarquez encore les mots : l’indicible n’est pas signe d’impuissance. À relier avec l’inconnu qui mobilise toutes nos forces. Nous devons donc assumer le risque de déposer nos béquilles et de marcher sans appui certain. Certains croyants me diront que c’était ça le sens de l’évangile selon machin. Ils n’auront pas compris que c’est justement ça une béquille. Un livre où tout est écrit d’avance.

Sur le silence : « Le silence est la dimension énigmatique dans laquelle toute parole survient et se tait. Nous ressentons l’intensité de ce silence quand nous nous trouvons au sein de la nature. La parole philosophique ou poétique tente de s’approcher de lui. » (4) N’avons-nous pas toutes et tous senti cette dimension de vérité en forêt ? Le silence serait-il comme le véhicule (parole) de la vie et de la réalité ? Si nous n’étions pas là, en effet, il n’y aurait pas de parole mais le silence empli des bruits d’oiseaux, d’animaux et du vent dans les arbres.

« L’énigme du présent vivant ne peut jamais être résolue. Nous n’avons pas à aller vers le présent, puisqu’il se trouve toujours déjà là. Les philosophes et les poètes nous enjoignent de nous ouvrir à une dimension sur laquelle nous n’avons pas de prise, qui ne peut que nous étonner, qui se trouve toujours déjà là, mais que nous ratons dans la mesure où nous-mêmes n’y sommes pas, mais sommes plutôt au loin, à la poursuite d’un but qui ne cesse de se dérober. Nous cherchons une solution à l’énigme, alors que la seule solution consiste à vivre pleinement avec elle, traversés, instruits et inspirés par elle. » (4)

Vivons donc au présent. Je remarque que le philosophe ne nous suggère pas de ne pas avoir de but ! Lui-même, vous, moi, tout le monde doit se fixer des buts dans la vie mais il nous dit que nos réponses, notre perception de l’énigme ne se trouve pas dans le futur mais dans l’instant présent toujours fuyant par ailleurs. Ce que j’écris ne décrit plus l’instant présent mais l’instant passé. Nous sommes condamnés à l’aporie.

Dans le prochain billet, nous continuerons à apprendre sur la parole et la vie.

À bientôt chers lectrice et chers lecteurs !

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(1) Œuvre étudiée : Pierre Bertrand, le défi de vivre, Éditions Liber, Montréal 2009, 229 pages.

(2) Idem, pages 28 et 29

(3) Idem, page 29

(4) Idem, page 30

fév 24

Le corps vu par le philosophe québécois Pierre Bertrand # 20

Posted on Mercredi, février 24, 2010 in Athéisme, Frédéric Nietzsche, Nature, Philosophes, Pierre Bertrand

Je poursuis aujourd’hui la présentation du livre (1) du philosophe Pierre Bertrand. Nous abordons le chapitre 13 qui traite du corps.

Le chapitre s’ouvre sur cette belle phrase : « L’énigme de l’autre est une inspiration. Son visage est un mystère. Nous entrons en contact avec lui par la complicité des sourires. » (2) Et aussi : « Les amoureux communiquent par le silence, par les caresses, par les regards. » (2) Cette communication se fait aussi avec des inconnus. Elle n’est jamais traduite en mots mais elle est prégnante.

Si les malentendus sont nombreux dans la conversation, imaginons comme ils peuvent être trompeurs dans les regards ! « Les malentendus, ou plutôt les malvus, apparaissent dès qu’il y a interprétation du silence, des gestes et des regards. » Le philosophe nous conseille de ne pas tenter d’interprétation si nous ne voulons pas créer de contresens. » (2)

« Le langage silencieux des corps n’a pas besoin d’être transcrit. » (3) Toute traduction est une trahison. L’auteur trouve que la pragmatique utilise ce langage ou plutôt ce non-langage. C’est exact et tout le monde l’utilise pour prendre des décisions, faire des propositions, des suggestions. L’animateur d’un petit groupe fait fond sur ce langage et facilite la prise de parole en interprétant constamment le langage corporel. Le psychologue clinicien fait de même et d’autres spécialités dont celle de professeur. J’aimerais bien demander à Pierre s’il s’empêche de juger ces gestes lorsqu’il en perçoit chez ses élèves. Bien sûr, il faut vérifier si notre interprétation est valide.

Nous croyons connaître un corps, « mais nous ne connaissons jamais que des parties, le corps comme tel, comme réalité ou comme vie, ne cessant de nous échapper dans son altérité, comme nous échappe l’individualité ou la singularité de l’autre. » (4) On pourrait penser que si la connaissance de l’autre est impossible dans son entièreté que la connaissance de son corps l’est. Mais non ! Le philosophe étend l’inconnaissance au corps. Le corps fait partie du chaos : le nôtre et celui de l’autre.

« La mort du corps aimé est la suprême tragédie. C’est en partie notre corps qui meurt également, ce corps qui trouvait sa joie et sa vitalité dans le contact de l’autre, dans sa contemplation, ses caresses et ses baisers. » (5) N’est-ce pas magnifique comme compréhension ?

Et là notre auteur termine ce chapitre avec une conclusion radicale. Évidemment, vous n’avez pas le texte antérieur devant les yeux mais regardez-bien ceci :

« Il n’y a pas en effet de véritable explication à l’ensemble des liens subtils, complexes, étranges qui entrelacent les individus les uns aux autres. L’explication fournie par la religion instituée, prétendument révélée, mais produite par la pensée, dont le principe réside dans un Être tout-puissant construit sur le modèle de l’homme, demeure ‘humaine, trop humaine’, pour parler comme Nietzsche. Elle fait elle-même partie de l’illusion comme part importante du lien mystérieux reliant l’homme à la nature et les corps entre eux. Dans tous les cas, ce qui demeure étrange ou mystérieux, c’est le lien lui-même. » (6)

Comme j’aime cette conclusion qui se présente en fait comme athée sans le claironner.

- la religion prétendument révélée

- mais produite par la pensée

- un être tout-puissant anthropomorphe

J’aimerais bien savoir si l’auteur donne à ce passage la même importance que je lui donne !

Le prochain chapitre portera sur la création. La création humaine !

__________

(1) Pierre Bertrand, L’intime et le prochain, essai sur le rapport à l’autre, Liber, Montréal 2007, 133 pages.

(2) Idem, page 107

(3) Idem, page 108

(4) Idem, page 109

(5) Idem, page 113

(6) Idem. page 117

nov 1

Mes arrangements per mortem. À vie simple, mort simple !

Posted on Dimanche, novembre 1, 2009 in Mort, Musique, Nature, Écrits

On sait que les funérailles d’une personne décédée et tout ce qui les entoure coûtent cher. Je voyais une pub d’une banque à la télé hier qui disait que ça coûte facilement 10,000$ et plus.

Pour ma part, je connais des familles qui ont payé deux ou trois fois ce prix. J’ai donc décidé :

1- que mes proches auraient le moins de choses à faire à ma mort.

2- que mes proches n’auraient pas un sou à payer sauf s’ils ont des souhaits particuliers.

Je suis donc allé à la Coopérative funéraire de la Rive-Sud. En payant la carte de membre, on a droit à tous les services. En prime, cette carte de membre est transmissible à une personne de notre choix à notre mort. Pour quelques dollars, c’est une aubaine !

J’ai choisi tout ce qu’il y a de moins cher : pas d’exposition, pas de service religieux à payer à un parasite ecclésial, évidemment ! Si mes proches veulent organiser une rencontre commémorative, libres à eux.

Je serai incinéré. J’ai choisi le « cercueil » le moins cher. Il s’agit d’un gros carton épais. Malgré mon gabarit, on m’a garanti qu’il ne céderait pas ! J’en suis fort aise !

Pour mes cendres, j’ai choisi l’urne la deuxième moins chère. La première est en plastique moche et mon fils serait peut-être trop triste de se voir remettre cela. Par contre, quand il recevra la belle boîte de chêne blond massif, il saura que j’ai choisi un matériau que j’adore. « J’ai planté un chêne au bout de mon champ… »

Il n’aura plus qu’à jeter mes cendres dans un grand cours d’eau. Je quitterai alors le monde sur la pointe des pieds, avec d’autres, après des millénaires de vie humaine troublée mais avec des entrefilets de bonheur.

Si quelqu’un veut penser à moi après ma mort, il n’a qu’à écouter le vivace du Concerto grosso pour 6 trompettes, cordes et basse continue de Stölzel. La version dirigée par Maurice André avec des trompettistes français est sublime. Cherchez-la ! Sinon, visitez mon blogue pour trouver des pièces que j’aimais !

Coopérer jusque dans la mort ! (mdr)

J’ai dit ! (rires)

J’oubliais de remercier André pour les informations qu’il m’a transmises à ce sujet ! :)

sept 22

La Maison Johann Beetz


Source de cette magnifique photo: Wikipedia

Source de cette magnifique photo: Wikipedia

C’est le point le plus éloigné où nous sommes allés sur la Côte-Nord. J’ai déjà conclu mes billets sur les vacances mais j’ai oublié ce manoir de la Baie-Johann-Beetz. Avant d’être ainsi baptisée, ce village s’appelait Piesthebi.

Quel nom bizarre me direz-vous ! C’est le nom d’un jeune aristocrate Belge. Il vivait chez ses parents dans leur magnifique manoir belge. Il est tombé amoureux d’une jeune femme mais cette dernière est morte accidentellement. Il en a ressenti une douleur déchirante et dévastatrice.

Il a décidé de s’expatrier. Il ne pouvait plus vivre dans le pays qui avait vu respirer et marcher sa douce amoureuse.

Il est venu se perdre au plus lointain de ce qu’offrait le Québec au début du XXième siècle. Il était naturaliste mais aussi généraliste. Il se fit remarquer dans plusieurs domaines dont dans l’élevage des renards pour leurs peaux. Il sera aussi l’un des fondateurs de la Société zoologique du Québec. (1)

En 1897 il fit construire une grande maison sur le modèle du château de ses parents en Belgique, les tourelles en moins car il ne trouvait pas localement la main-d’œuvre assez spécialisée pour assurer ces éléments. L’effet est saisissant quand la guide nous fait la comparaison des deux maisons.

La Baie-de-Johann-Beetz est une petite localité. Seuls 95 personnes y vivent mais elle est directement sur le fleuve et très attrayante.

Notre guide était une personne née dans ce village et nous avons donc eu droit à des récits in situ savoureux de sa part. Il faut dire que le sieur Beetz vendit sa maison à des États-uniens vers la fin de sa vie et ceux-ci vendirent la maison à une États-unienne qui organisait des fêtes pour les enfants du village. Que de beaux souvenirs bien consignés et bien racontés !

Grâce à cette dernière propriétaire la maison est maintenant devenue un lieu historique très attachant (depuis 1979). Ladite proprio en a fait cadeau au village !

Avis aux chasseurs et chasseuses, la région est particulièrement giboyeuse ! On peut y pêcher la truite et le saumon de l’atlantique.

Un lieu à visiter en prenant tout son temps !

J’ai vu !

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(1) Tiré du joli et commode petit guide officiel de Duplessis (Côte-Nord) publié par le Gouvernement du Québec, version 2009-2010

sept 11

L'Île Banane ! Au beau milieu de la Saint-Maurice à Shawinigan.

Posted on Vendredi, septembre 11, 2009 in Mauricie, Nature, Pauvreté, Problèmes sociaux, Tourisme, Vacances, Écrits, Énergie

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JOUR 4

O’Chawinigane (« portage » en attikamek; nécessité par les chutes importantes) ! Je m’imaginais, dans mes moments les plus sombres, retrouver un tas de petits jeans chrétiens à Shawinigan et autour. De petits hommes qui croient posséder la vérité parce qu’ils sont les héritiers politiques de trudeau. De petits hommes têtus comme des crocodiles affamés. Il y en a, c’est sûr pour avoir voté pour chrétien si longtemps mais ils ne sont pas tous comme le modèle. Il y en a de très sympathiques comme ailleurs.

Shawinigan va mal. Les papetières vont mal, Alcan (Rio Tinto je pense) va fermer en 2013. La Belgo a fermé, beaucoup des grosses usines qui embauchaient les travailleuses et travailleurs locaux ont fermé. Il y a eu des séparations, des divorces, des suicides et de la misère, il y en a encore mais rien ne paraît à l’observateur de passage. Vue du haut des 115 mètres de la tour, Shawinigan offre l’aspect d’un petit paradis baigné par une Saint-Maurice paresseuse et parée de belles îles : Banane (devinez pourquoi !), Melville et Chapdelaine. Il faut croire que la misère ne se voit pas toujours à l’œil nu chez des gens à qui il reste encore la dignité.

Si la grande entreprise a plié bagages avec ses milliards en profits exportés en Grande-Bretagne et aux États-Unis au cours des années, il reste encore Hydro-Québec avec sa centrale qui est l’une des 20 plus performantes au Québec. Le tourisme aussi ! Juste à la Cité de l’énergie, 125 personnes bossent en haute saison. Sans compter les auberges, hôtels, gîtes et restaurants. Joignons donc l’utile à l’agréable et visitons la région ! Nous avons manqué le spectacle Éclyps qui se terminait le 22 août mais en avons vu des extraits sur grand écran et c’est à voir. La pub télé ne permet pas de se faire une idée juste de la beauté du spectacle.

Si vous avez mon âge ou plus, vous vous souviendrez que Shawinigan s’appelait jadis « Shawinigan Falls » Il y avait des chutes impressionnantes avec un trou du diable et tout ! Petite déception : on ne peut plus les voir qu’au printemps, à la fonte des neiges. Même si les chutes sont à sec l’été, le trou du diable, une marmite, est toujours plein car alimenté par des veines souterraines. Défense de se baigner car des tourbillons agitent le grand bassin.

Aujourd’hui, pédalo ! Trois fois le tour du lac en 30 minutes ! (rires) Une ballade sans risque, sans vague, sans rencontres, sans vitesse mais non sans intérêt !

Quoi d’autre ? Lecture, musique, marche, etc.

août 27

La suite au bout du monde


Le Minganais offre les meilleures frites de la côte-Nord, voire du Québec. En plus, Denis et Natacha sont les hôtes les plus attachants qui soient ! Nous ne les oublierons pas de sitôt !

Le joli Calculot nous remit ensuite entre les mains d’Alexandre, le guide de Parcs Canada sur l’Île du Fantôme. Notre guide allait nous entretenir de la flore toute spéciale de l’Île. Nous devions marcher dans un sentier balisé de pierres et ne pas nous en éloigner de peur d’abîmer des plantes très fragiles, particulièrement sur les rives de l’île, là où les vents, les vagues et les glaces compliquent davantage la vie des plantes.

Malgré la rigueur du climat, l’Île contient quelques 450 spécimens végétaux alors que la « terre ferme » en compte quelque 350. Une richesse donc !

En revenant au Havre, il faisait moins froid car nous avions le vent dans le dos plutôt que devant.

***

Un des éléments qui surprend le plus au Havre, c’est l’ubiquité du drapeau acadien, sous toutes les formes ! Bonshommes de jardin, roulottes, beaucoup d’objets sont aux couleurs acadiennes, sans oublier les panneaux de rue ! Les habitants refusent pourtant de se dire Acadiens. Ils s’appellent des « Cayens » même si les 6 premières familles qui s’y installèrent en 1857 étaient acadiennes et provenaient des îles de la Madeleine. Je fouillerai cette curiosité lorsque j’y retournerai.

Quand il pleut ou qu’il fait trop froid pour courir les Îles, il faut visiter la Maison de la culture Roland-Jomphe. Roland était un poète et a publié plusieurs livres disponibles à cette Maison. Ce musée nous propose une remontée dans le temps des débuts de la colonisation blanche de la région jusqu’à maintenant. Intéressant. On nous dit que la visite dure en moyenne 45 minutes à 1 heure mais il faudrait plusieurs heures pour tout voir et tout lire ! C’est une vraie richesse historique et culturelle.

Deux restaurants parmi les meilleurs au Havre-Saint-Pierre, particulièrement pour les poissons et fruits de mer locaux : chez « Julie » et la « Promenade ». Délicieux malgré le décor ordinaire. Côté fast food, le Minganois, propriété de Denis et Danny et animé par la formidable Natacha, est im-bat-ta-ble ! Les frites sont parfaitement cuites et les hot dogs délicieux. Les trois lurons sont très sympathiques. Danny et Denis sont aussi proprios du restaurant les Délices, juste en face du centre de Parc Canada où acheter les billets pour les excursions.

Pour ma part, je passerais bien quelques semaines au Havre, histoire de mieux connaître tout le monde.

août 25

Presque au bout du monde.

Posted on Mardi, août 25, 2009 in Côte-Nord, Jeunesse, Nature, Oiseaux, Régions du Québec, Tourisme, Écrits

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Notre beau bateau d'excursion dans les îles de Mingan

Dans les kilomètres à l’approche de HSP (Havre-Saint-Pierre), on ne peut manquer ces vastes étendues où ne poussent que quelques buissons rabougris. Ce sont les tourbières, des épaisseurs de végétaux courts qui couvrent souvent de l’eau. C’est là aussi que pousse la célèbre chicoutai ou plaquebière. Quel plaisir de voir pour la première fois de ma vie une tourbière. Lorsque j’ai découvert ce type d’environnement dans un cours de géographie physique, dans les années soixante ma curiosité a été piquée. Elle est enfin satisfaite !

On quitte la 138 pour aller rejoindre la ville construite sur le littoral du fleuve. Les maisons sont modestes, presque toutes blanches. Nous avions réservé à l’hôtel du Havre. Chambre assez grande, lits aux matelas confortables (et oui, à mon âge, ça compte !), Internet sans fil haute vitesse ! Et dire qu’il n’y avait même pas ça dans la ville des sculpteurs Bourgault ! Ici, c’est disponible à plus de 1000 km de Montréal ! 1 à 0 !

Sans même défaire nos bagages, nous nous précipitons vers le port pour acheter nos billets afin d’embarquer sur le Calculot cette après-midi même. Nous avons beau être partis des Sept-Îles ce matin, être rompus, nous voulons voguer vers les Îles Mingan drê là ! Un jeune d’environ 13 ans nous vend nos billets, bien à l’aise dans son kiosque de l’édifice de Parcs Canada. La reine du petit port. Les quais sont rassurants pour un marin des villes !

Le Calculot est un oiseau appelé macareux moine que les « Cayens » appellent ainsi ; au temps de Jacques Cartier, on l’appelait « carculot ». Il trône au bout du quai, fièrement et tout propre. J’apprendrai lors de la randonnée que le co-capitaine l’a construit en 9 mois avec son père. Complètement sauf pour quelques soudures spéciales. Des gens débrouillards, vous dites ? Oh que oui !

Le Calculot avale prestement ses quarante quelques passagers et nous voici en route vers deux îles au-delà d’une des plus grandes, celle appelée île du Havre d’où la ville tient son nom. Assis sur le pont supérieur, je sens rapidement la morsure du vent du large. Il faut des vêtements chauds pour vivre ce périple bien qu’une grande cabine protège les imprudents. Notre co-capitaine commente sur chaque île que nous croisons révélant faits et cocasseries.

Nous arrivons bientôt à notre première île à visiter : Niapiscau ! Une jeune guide de Parcs Canada nous attend pour nous introduire aux monolithes qui parsèment le rivage. Que j’aime voir nos jeunes se préparer à la relève en assumant des emplois, ma foi, exigeants ! J’ai oublié son nom mais elle a animé le groupe comme une pro, avec assurance et compétence.

Grâce à elle, je sais presque tout des monolithes mais je vous laisse le découvrir par vous-mêmes ! Elle était tellement bien informée qu’un géologue à la retraite a tout confirmé !

Suite à la prochaine île !

La fameuse dame de Niapiscau. un symbole de la Minganie !

août 25

Une ribambelle de noms plus poétiques les uns que les autres !

Posted on Mardi, août 25, 2009 in Côte-Nord, Nature, Régions du Québec, Voyage, Écrits

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Une des magnifiques plages de la Côte-Nord

De nombreuses plages de sable fin, désertes, offertes aux plus désireux de plonger dans les eaux souvent très confortables de notre grand fleuve ; permettez-vous d’ajouter un bémol : les affirmations sur la température de l’eau me viennent d’une amie. C’est donc du ouï-dire.

À Colombier, Betsiamites, Baie-Comeau, Franquelin, Godbout, Baie-Trinité, les Islets Caribou, Pointe-aux-Anglais, Port Cartier, Sept-Îles, Moisie, Maliotenam, Sheldrake, Rivière-au-Tonnerre, Magpie, Rivière-Saint-Jean, Mingan, Havre-Saint-Pierre, Baie-Johann-Beetz, Aquanish et Natashquan. Toutes des villes et villages où j’irais vivre demain matin. Non seulement parce que je suis tombé en amour avec les noms des lieux ! Seulement 3 noms à référence religieuse ! Mais aussi parce que c’est beau et qu’il y a partout des coins superbes. Seul l’hiver m’en empêche…pour le moment.

Les seuls villages où je ne suis pas allé : Aquanish et Natashquan. Nos objectifs étaient assez ambitieux pour une seule semaine : visiter les îles Mingan en embarquant au Havre, comme disent les « Cayens » (1) et le Jardin des Glaciers à Baie-Comeau.

Je suis enfin allé dans cette partie du Québec dont j’entends parler depuis ma jeunesse et je n’ai pas été déçu…Oh, ma seule déception est d’avoir manqué de temps pour tout voir. C’est vrai que Charlevoix est une belle région mais la Côte-Nord a quelque chose de plus, vu de la route 138 en tout cas ! J’y retournerai sûrement.

J’ai appris à dire bonjour en innu. C’est un début ! Kéké !

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(1) Je reviendrai à cette appellation dans un billet sur Havre-Saint-Pierre.

avr 28

Les Amérindiens et la civilisation états-unienne et mexicaine.


 

 

 

Il devait avoir près de 100 ans sur cette photo. Un chef incroyablement rusé et humain.

Il devait avoir près de 100 ans sur cette photo. Un chef incroyablement rusé et humain.

 

 

Beaucoup plus jeune, j’ai vu un film de catégorie B mais qui m’avait fait très fortement réfléchir.

Mes souvenirs sont plutôt chiches mais une tactique m’avait frappé. Les autorités d’une ville d’un état montagneux des États-Unis pourchassaient une personne qui, vraisemblablement, était un Amérindien. Le sheriff avait dit à son entourage quelque chose comme : « Ça ne sert à rien de courir après lui. Il a déjà goûté à nos douceurs et elles lui manqueront avant longtemps. Nous n’aurons qu’à le cueillir à ce moment précis. »

Je suis dans l’impossibilité de vous fournir la référence mais ce qui importe c’est ce qui suit. Je suis en train de lire un livre dont j’ai retardé la lecture trop longtemps : « Les cent premières années de Niňo Cochise. » (1) Il y a beaucoup de choses dans ce livre et j’y reviendrai lorsque j’en aurai terminé la lecture. Ce sur quoi je m’arrête ici c’est l’attrait puissant des biens de la culture étatsunienne et mexicaine sur ces AmérindienNEs si fierEs et si courageux/ses. Ces personnes si habituées à survivre dans des conditions de rareté.

Un groupe est allé s’approvisionner en ville : « Toute pantelante, ma mère vint m’appeler. Le marchand lui avait donné quelques bonbons durs, et elle en postillonnait de délice. J’en goûtai quelques uns et lui dis d’en acheter pour notre Peuple. » (2)

Niňo Cochise en revenant au campement apache offre des bonbons au shaman Dee-O-Det : « Je lui tendis la boîte de bonbons. Il les porta d’abord à ses narines, puis en croqua un avec une vigueur à se casser les dents.
‘Ye-Yoouuh!’ Il s’éclipsa brusquement et revint les mains vides. Il avait caché les bonbons pour plus tard. Les shamans sont ainsi. » (3)

Vous voyez comme le sucre présente un intérêt puissant chez ces gens? Pas plus que l’alcool mais quand même assez pour que le co-auteur le mentionne sans aucune gêne.

C’est sûr que le petit-fils du grand chef Cochise se questionne sur l’avenir de son peuple à plusieurs endroits dans son livre mais d’autres signes montrent aussi que l’intégration, voire l’assimilation ne sont pas loin. Facile à dire a posteriori mais prévisible malgré tout.

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(1) A. Kinney Griffith, Niňo Cochise, Les cent premières années de Niňo Cochise, Seuil, collection Points, no. R 347, Paris 1973, 390 pages. Niňo Cochise est le petit-fils du grand chef des Chiricahuas (Apaches) Cochise et neveu de Geronimo (Golthlay de son nom chiricahua). Le mot Apache signifie « ennemi commun ». Les auteurs utilisent le plus souvent le terme Apache comme s’ils avaient accepté le terme.

(2) Idem, page 42

(3) Idem, page 44

 

 

 

avr 27

L’Arboretum Morgan de l’U. McGill de Montréal : à visiter +++!


 

 

Une des très nombreuses espèces animales quon peut rencontrer dans la pointe ouest de lîle de Montréal à lArborétum de lUniversité McGill

Une des très nombreuses espèces animales qu'on peut rencontrer dans la pointe ouest de l'île de Montréal à l'Arborétum de l'Université McGill

 

 

Ce lieu magique est situé au bout ouest de l’île de Montréal.

Le public y est accueilli 363 jours par an! Les biologistes et naturalistes ne semblent pas se reposer!

Voici les points saillants de ce lieu de tranquillité :

« En plus de grands espaces boisés où la plupart des essences indigènes du Québec sont représentées, le site regroupe 18 collections d’arbres et d’arbustes de partout dans le monde, incluant sapins, épinettes, chênes, bouleaux, érables, tilleuls et arbres à fleurs. L’Arboretum abrite également une trentaine d’espèces de mammifères, une vingtaine d’espèces de reptiles et d’amphibiens et plus de 170 espèces d’oiseaux nicheurs et migrateurs. » (1)

Samedi, le soleil était voilé, les feuilles étaient absentes sur l’immense majorité des arbres mais la majesté des troncs de feuillus et les multiples conifères ont rendu cette visite mémorable!

Évidemment, il faut s’attendre à rencontrer de nombreuses flaques d’eau à cette période de l’année où la neige vient à peine de fondre. C’est particulièrement vrai si l’on s’éloigne des sentiers balisés et qu’on se perd carrément. Ce qui nous est arrivé! On a eu beau être accompagnés par deux Phd (vrai!!!), nous n’en avons pas moins marché des kilomètres inutilement dans des boisés inondés et des champs de maïs où la terre était tournée et très meuble. Quelle marche pénible, en manque d’eau (bouteilles vides) et se payant des bouts de plants séchés et durcis sur les jambes à chaque pas imprudent. C’est là qu’on se rend compte des rencontres souvent implacables de la nature et de la culture…humaine!

Malgré tout, ce lieu fera partie de mes parcours favoris. C’est un vrai lieu d’observation et d’interprétation de la nature. Dommage que dans certains coins le bruit de fond de l’autoroute 40 gâche la magie.

Une petite exploration du site vous donnera le goût d’y aller avec toute la famille. À l’entrée du site, on doit payer 5$ par adulte pour des heures de plaisir! Le personnel d’accueil vous offre le plan des lieux et des dépliants d’intérêt pour les amoureux de la nature. Des tables à pique-nique sont à votre disposition et des toilettes de 9h à 16 heures seulement. Il faut quitter avant le coucher du soleil.

Bonne découverte…et vérifiez bien votre parcours pour éviter de vous perdre!

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(1) Source : le site Internet de l’Arboretum : http://www.morganarboretum.org/FRANCAIS/ACCEUIL_fr.htm

avr 19

Le parc régional de Longueuil, un lieu ressourçant!

Posted on Dimanche, avril 19, 2009 in Montérégie, Nature, Sentiers naturels, Écologie, Environnement

 

Imaginez lorsque les feuilles seront là!

Êtes-vous déjà allé au parc régional de Longueuil? C’est un endroit où l’on peut voir de petits étangs, des marais, des prés et des bois. Aujourd’hui, grâce au temps généreux, il commençait à y arriver beaucoup de monde au moment où nous partions vers 14h00. Nous étions arrivés vers 11H30 et il faisait frais malgré les puissants rayons de notre étoile.

On peut l’atteindre en empruntant le boul. Roland-Therrien et Curé-Poirier vers l’est. Il se situe précisément au carrefour Curé-Poirier et Adoncour. Beaucoup d’activités pour tous les goûts s’y organisent.

Ma préférence va à la marche dans les sentiers boisés où l’on peut entendre les gazouillis d’oiseaux, entrevoir la faune locale et admirer les grands chênes qui y dominent dans certains coins. Là, les vélos ne sont pas acceptés et on ne peut s’enfoncer dans les bois puisque ce sont des zones de conservation. Le sentier est bien suffisant pour s’imprégner des lieux même si les feuilles ne sont pas encore déployées. Beaucoup de bourgeons ont éclaté dans les buissons et bosquets. À cette époque, les mésanges à tête noire sont encore intéressés à se nourrir dans votre main en se posant sur votre doigt. Magique pour les enfants, petits et grands!

Pour les autres sentiers, on peut louer des vélos, faire du patin à roues alignées et marcher! C’était ma première visite, ce ne sera pas la dernière! Le pavillon d’accueil offre des dépliants sur le par cet sur d’autres lieux montérégiens remarquables.