La pédophilie
Voilà un sujet chaud dans notre société. Presque tout le monde déteste les pédophiles et en tuerait s’ils avaient l’opportunité. C’est une haine totale, sans faille que j’ai souvent entendue. Heureusement qu’il y a encore des intervenant/es qui acceptent de travailler auprès d’eux, sinon, ils seraient comme des pestiférés.
«…c’est au psychiatre allemand Richard von Krafft-Ebing, traçant, dans son célèbre ouvrage Psychopathia sexualis, la carte des multiples perversions sexuelles, que revient l’invention du terme de pédophilie érotique. Par cette expression, il désignait des individus présentant une attirance relativement exclusive pour des personnes impubères de l’autre sexe. » (1)
Ce n’est que vers 1980 que la psychiatrie considérera que des traitements existent pour ces personnes.
Voici les deux définitions actuelles de la pédophilie selon l’auteur de l’article cité :
« Selon celle de l’Organisation mondiale de la santé (C.I.M. 10), arrêtée en 1990, la pédophilie fait partie des « troubles de la préférence sexuelle » et est définie comme une préférence pour les enfants généralement pré-pubères ou en début de puberté. La définition de l’Association des psychiatres américains, le D.S.M. IV, publié en 1994, intègre la pédophilie dans les « paraphilies », sa spécificité étant le rapport sexuel avec un enfant âgé de treize ans au plus. » (1)
La difficulté avec la définition des états-uniens est que les pédophiles connus par les médias s’en prennent à des enfants souvent beaucoup plus jeunes que 13 ans.
Nous n’avons pas fini de trouver des paradoxes sur ce sujet. Voici ce que le docteur Ciavaldini affirme sur les traitements des malades :
« Les travaux psychanalytiques montrent qu’avec le sujet agresseur sexuel d’enfant la question est de traiter non pas un trouble de la sexualité, même si la manifestation de ce trouble est de l’ordre d’une atteinte sexuelle, mais un trouble majeur du narcissisme qui entraîne, le plus souvent à l’insu du sujet, un état de dépression menaçant l’équilibre primaire de son Moi. L’acte pédophile, selon cette logique, est une tentative de sauvegarde face à une telle menace. » (1)
On part de loin…
En France, « Les adultes auteurs d’agressions sexuelles sur enfant sont principalement des hommes. La proportion de femmes ayant été poursuivies en 1999 devant les tribunaux pour agression sexuelle sur mineur, dont le viol, est de 3,18 % soit 169 personnes (dont 86 pour viol). » (1)
L’article de Wikipedia sur la pédophilie aborde d’autres traitements.
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(1) Encyclopædia Universalis, version électronique, édition 2009. Auteur de l’article, André CIAVALDINI, docteur en psychologie clinique, psychanalyste, chargé d’enseignement, université de Grenoble-II
La peur de la pédérastie des frères et religieux en général
REPRISE
De ma première année à la quatrième, les enseignants de mon école primaire étaient des laïcs. Je n’ai jamais reçu de mise en garde de mes parents à leur sujet. D’ailleurs j’adorais mademoiselle Pigeon en première année et mademoiselle Farley en deuxième. Des amours d’institutrices. J’en parlerai une autre fois. Cette école s’appelait « De la Dauversière », personnage lié à notre histoire. La Commission scolaire « Jérôme le Royer » porte aussi son nom car il s’appelait Jérôme Le Royer, sieur La Dauversière. Aujourd’hui cette école est devenue une coopérative d’habitation où demeure un de mes amis, un leader dans la communauté de Hochelaga-Maisonneuve.
Lorsque nous sommes partis de la rue d’Orléans pour aller vivre au 2270, boulevard Pie IX (deux rues après Pie VII, grivoiserie que mon père aimait ajouter à chaque fois qu’il donnait notre adresse), appartement 4, je me retrouvai à l’école St-Jean Baptiste de la Salle qui s’élevait juste en biais de chez nous. Là, les frères des écoles chrétiennes enseignaient.
Je reçus de très longues précautions sur les frères. À demi-mot et quelquefois à mots crus, on me laissait entendre de surveiller mon moineau et tous les attouchements possibles. Ma sœur devait écouter aussi mais les religieuses avaient bien meilleure réputation que les frères. Ce fut ma première approche de la chose sexuelle. Je devais me méfier des « pogne-en-culs, des fifis et des vicieux ». J’étais un peu effrayé à mon entrée en classe en ce début de mai 1957. J’arrivais en fin d’année puisque les déménagements se faisaient le 1er mai à cette époque et non le 1er juillet comme maintenant. Je surveillais tellement mes arrières que je ne me souviens plus avec qui j’ai terminé ma quatrième année! À chaque fois que j’arrivais un peu en retard à la maison parce que j’avais joué avec des camarades dans l’immense cour d’école asphaltée, ma mère et mon père, autour de la table, me demandaient si un frère m’avait fait quelque chose…
Je vécus mes cinquième et sixième années sans histoires portant sur le vice! En septième année, il arriva un événement bien inusité. Il faut dire que j’étais très bon en religion! D’ailleurs nous passions la plus grande partie de l’avant-midi à entendre parler de religion…catholique évidemment! Le frère Armand était très porté sur la chose et nous parlait du curé d’Ars si ma mémoire ne flanche pas trop. Il nous entretenait aussi des 4H et de toutes les merveilles qu’ils faisaient mais comme petits citadins, nous n’avions pas accès à ce club sélect. Le frère Armand provenait des Cantons de l’Est (Scotstown) où le Club 4H avait des assises solides. Toujours est-il que j’étais très impressionnable sur les saints voyant apparaître des trous dans leurs mains et leurs pieds comme ceux de Jésus!!! Des stigmates.
Un bon après-midi, le frère Armand me demanda si je voulais devenir frère. Je n’osai dire non et je bredouillai quelque chose qui devait sembler un oui puisqu’il me dit que plus tard, avant la fin de la journée un frère recruteur voulait me rencontrer et aussi quelques autres de ma classe. J’étais mal à l’aise car je ne pourrais pas en parler à mes parents avant de rencontrer ce recruteur et j’avais maintenant une peur bleue.
Arriva l’heure J et je dus quitter ma classe pour aller rencontrer cet inconnu. Il me raconta plein de choses et me remit des papiers à faire signer par mes parents. Il était sûr d’avoir recruté un futur frère.
Le soir, je montrai ces papiers à mes parents qui vérifièrent si j’avais signé quelque chose. Ils me demandèrent si je voulais faire un frère. Je dis NON évidemment! Avec tout ce qu’ils pensaient des frères, j’aurais été bien fou! Ils me dirent que j’aurais un papier à rapporter à l’école le lendemain pour remettre au frère directeur de l’école.
Ce que je fis. On ne me parla plus jamais de noviciat et de scolasticat ou autres. Ma vocation était morte dans l’œuf!
Au total, aucun des frères ne me fit jamais quoique ce soit. Certains étaient bien, d’autres moins mais aucun ne m’avait touché. Il paraît que le frère Conrad lançait une pognée de porte en classe quand il était fâché…mais c’était peut-être pour faire peur aux petits que les plus grands disaient ça.
D’où venaient ces craintes importantes qu’avaient mes parents sinon de la très mauvaise réputation des religieux de l’époque. Les enfants de Duplessis n’avaient pas encore la cote publique mais la réputation circulait déjà dans la masse de la population…