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juin 8

Étincelles urbaines soixante-quatre

Posted on Mercredi, juin 8, 2011 in Facebook, Twitter, Écrits, Étincelles urbaines

- Si j’étais producteur de lait en Outaouais, j’appellerais mon lait l’Outaoulait ! :) Je donne mon idée au premier venu !

- J’espère qu’on va se souvenir de Gilles Duceppe autrement que par le bonnet de fromagerie qu’il a déjà porté en campagne électorale. :(

- La vie est aussi complexe qu’un enchevêtrement de branches nombreuses de feuillus. Certains peinent plus que d’autres à passer au travers. Une minorité significative n’y arrive pas et s’effondre.

- Quand j’étais jeune, les cartes nommaient « Lac des esclaves ». 40 ans plus tard, on parle de « Slave Lake ». Le français au Canada ? De la merde je vous dis. Indépendance seule solution !

- Se peut-il que la plupart des détenteurs de franchise soient menteurs ?

- Je suis en mode de demande à Mme Bissonnette si elle a deux sonnettes chez elle.

- Je suis le genre à entrer chez McDo et demander un Whopper et de faire une crise parce qu’ils ne collaborent pas entre eux.

- #définition de Smart: crotte de souris mécanique ou bien vent de gros char.

- Je préfère un hybride à une iBride. Moins chère et plus obéissante !

- Il pleut encore beaucoup mais il y a quand même de belles journées de soleil repiquées de ci de là !

- Faire l’indépendance juste sur un coup de tête après un écœurement face à Harper ou un autre, ça ne fera pas une indépendance très forte ! Exemple Meach !

- Vaut-il mieux des salaires écrêtés ou décrétés ?

- Mon verre de quorum est vide. Garçon !

- Plusieurs rejettent l’expression passer de bouche en bouche mais elle est bien !

- C’est rare que les femmes payent de leur poche !

- Entendu dans le bus : « Que se rassemble s’assemble. » Pléonasme ! :)

- C’est drôle, je ne regarde jamais personne dans le blanc des yeux mais dans le centre noir, la pupille !

juin 30

Si mon ordinateur n’était pas là… :(

Posted on Mercredi, juin 30, 2010 in Facebook, Informatique, Internet révolutionnaire, Ordinateur, Twitter

L’émoticône de tristesse donne le ton. Comme disent les français, ce serait la cata. Et mettons que je n’ai pas la possibilité de surfer avec mon Blackberry. Ça crée une simulation plus table rase.

En me levant le matin, je n’aurais plus à ouvrir le monstre. J’ouvrirais sûrement la télé ou la radio. Non pas que je souffre de la solitude mais je suis un être social comme tout le monde : j’aime entendre des voix humaines à mon lever. Actuellement, l’ordi comble ce besoin. Bizarre quand même.

Bien beau de démarrer l’ordi, encore faut-il entrer le mot de passe extrêmement complexe qui bloque l’accès à mon bureau. Bon arrêtons de tourner autour du pot. Que ferais-je sans ordinateur ? (les points ne sont pas nécessairement par ordre d’importance).

-         Je n’aurais plus de réseau d’ami/es en Europe et un peu partout au Québec. J’ai déjà visité pour vrai une partie de ce réseau et aimé d’amour une membre d’icelui.

-         Je n’aurais plus de réseau Facebook et Twitter où je peux entrer en contact avec des membres de ma famille, des ami/es, des connaissances et des inconnu/es que j’apprends à connaître avec le temps.

-         Le ¾ de mes sorties des derniers mois étaient reliées à mon réseau Twitter. Je me suis fait des ami/es super grâce à ce réseau. Je serais donc en manque et un peu plus isolé sans Twitter.

-         J’aime m’informer et informer les autres de faits ou d’événements que je trouve intéressants ou importants. Je devrais cesser d’informer les autres de cette façon.

-         Je ne pourrais plus être abonné à La Presse sur mon ordi ni à d’autres journaux que je ne nommerai pas. Je devrais retourner au format papier que j’ai délaissé pour plusieurs raisons dont la moindre n’est pas écologique. Le seul avantage du papier journal est la disposition des épluchures de légumes !

-         Je devrais recommencer à la mitaine mes nombreuses listes : pour les voyages, pour les tâches à ne pas oublier, pour les achats à court, moyen et long terme, etc.

-         Je devrais me remettre à envoyer mes paiements par la poste et écrire mes lettres à la main. Notons que j’aime bien envoyer des lettres par la poste. :-)

-         Je devrais retourner à la lecture de livres papier. Actuellement, je lis un livre de Pierre Bertrand, philosophe, Le défi de vivre, publié chez Liber en 2009. J’ai acheté le livre mais l’auteur et l’éditeur on gracieusement accepté de me fournir le fichier global pour faciliter le copier-coller de citations. Génial non ! Pour le premier livre de Pierre que j’ai commenté sur mon blogue, il fallait que je scanne les pages et que je les retransforme en fichiers informatisés avec la fonction OCR (reconnaissance du texte écrit) de mon scanneur. Imaginez tous les risques d’erreurs ! Il me fallait une attention du diable !

-         Fini mon blogue. (sanglots). Plus moyen de laisser de traces pour mon fils. Plus moyen de partager mes pensées et mes créations avec des lecteurs lectrices anonymes ou connu/es.

-         Je devrais revenir aux dicos de papier. Ouf ! J’y recours quelquefois pour honorer le passé mais franchement, les versions informatisées sont tellement plus riches et puissantes !

Somme toute. Lorsque j’ai adopté la micro-informatique en 1995, je me suis trouvé plus intelligent comme le singe qui trouve un bâton pour attirer à lui une banane inaccessible ! ;-)

Il y aura peut-être une suite à ce billet !

J’ai dit ! (rires)

mai 1

Le défi de vivre. Œuvre philosophique de Pierre Bertrand. Chapitre 2 : La pensée et le langage, partie 7. La parole sert à convaincre, à séduire, à flatter, à maquiller, à tromper. Elle est essentiellement publicitaire.


Pierre Bertrand, philosophe.

Ainsi, nous nous retrouvons aujourd’hui interpellés par notre philosophe (1) de manière radicale sur la question de la pensée et du langage eu égard à la vérité et la vie. Nous avons appris que les problèmes existentiels ne peuvent être résolus que sur le plan de la vie, pas dans des livres ou des doctrines. La vie, c’est ce qui advient. Elle ne nous est pas donnée au cœur d’une révélation quelconque.

Nous aurons beau chercher sans fin, il n’y a pas de lieu où la pensée pourrait trouver le repos de la guerrière. Il n’y en a pas. Ainsi le philosophe authentique n’a-t-il d’attache avec aucune idéologie ou groupe. Il remet tout en question à commencer par la notion de vérité.

Nous nous trouvons devant l’inconnu. Ainsi dénudés, avec le philosophe comme guide, nous jouissons d’une force nouvelle. Nous sommes plus vivants, davantage en mesure de participer à l’inconnu ou à l’énigme. La pensée et le langage viennent après la vie et connaîtront toujours ce « retard » ou cette distance par rapport à la vie. Nous devons toutefois nous souvenir que l’indicible ne nous mène pas à l’impuissance.

Le silence serait un peu comme le réel sans langage et sans bruit. Comme dans la nature. Et la parole philosophique ou poétique tente de s’approcher de lui.

Aux yeux de Pierre, la parole est toujours superficielle. Elle tait l’essentiel. La parole est littéralement publicité. Elle cherche à convaincre à charmer, à maquiller, à tromper. Je revois certaines conversations sur des sites sociaux comme Facebook et Twitter et je me dis que c’est exactement ce qui s’y déroule souvent. Mais je défends quand même ce type d’interaction dans le monde anonyme et dépersonnalisé où nous vivons. J’y ai connu des personnes formidables.

« Si l’homme est un être de parole, au point, comme certains l’ont dit, que le langage le parle, il n’est pas surprenant qu’il soit pris au piège et qu’il devienne faux. » (2) Mais « Il n’est pas vrai qu’il soit pris dans la prison du langage, comme tant de philosophes l’ont prétendu. Il peut certes s’y enfermer lui-même. C’est d’ailleurs ce qu’il fait le plus souvent, se laissant définir par le langage, laissant le langage parler et révéler la vérité ou l’être. » (3)

Si le langage tait l’essentiel, nous ne sommes donc pas emprisonnés dans ses mots. Mais nos mots ne disent pas la vérité. Ils en sont incapables car la vérité ne se laisse pas prendre au mot (sans jeu de mots ?). Et ne l’oublions pas ! La vérité c’est la vie. « Qu’est-ce que la vie ? La vie ne peut pas être définie, ni apparaître comme une réponse à une question, puisqu’elle précède toute définition et toute question, les rendant possibles. Elle n’est même pas une expérience. » (3)

Vous avez bien lu comme moi ! La vie n’est même pas une expérience !!! N’êtes vous pas médusés comme je le suis ? Empiriquement parlant, la vie est expérience ! Pas chez notre auteur.

Voici l’explication de cet état de fait.

« L’expérience en effet implique une séparation entre celui qui expérimente et ce qui est expérimenté. Nous nous trouvons dans la distinction linguistique entre le sujet et le verbe ou l’action. Sur le pur plan de la vie, cette distinction n’existe pas. Il y a un seul mouvement, et ce n’est qu’en lui que le langage opère la distinction entre sujet et action. Nous parlons toujours ou presque toujours, mais la vie comme source se trouve à l’origine de toute parole. Si la vie est perçue du point de vue de la parole, nous n’avons d’elle qu’une expérience ou une interprétation. Nous sommes déjà dans le dualisme ou la séparation, nous avons quitté la dimension d’immanence. » (3)

Si je comprends bien, c’est le langage qui fait de la vie une expérience car il fait une distinction entre le je et le reste. Et retenons que la dimension d’immanence est celle qui nous « branche », nous met directement en relation avec la vie dans le grand silence du mouvement continuel. Ce serait réducteur de parler de mode. Mais c’est comme si nous pouvions nous mettre en mode vie et alors la vérité apparaît et revenir en mode langage qui trahit d’emblée la réalité de la vie. Vision mécanique ? Peut-être mais je comprends mieux ainsi.

Voyez la force de cette pensée : « Mais autant nous quittons la dimension de la vie, autant nous sommes morts. La mort hante le langage. Celui-ci ne peut pas être pleinement vivant. Il introduit le passé au cœur du présent, l’absence au cœur de la présence. Il nous divise, créant le conflit et la confusion. Cette division est inévitable, mais il s’agit pour nous de la saisir comme telle et de ne pas en être dupes. » (3) La mort hante le langage. Et l’écrit aussi, j’imagine ! Est-ce pour cela que certains auteurs (Michel Onfray, pas exemple) parlent des religions comme porteuses de mort ? Possible.

« La vie est mouvement, et nous ne pouvons la saisir qu’en ne faisant qu’un avec lui. Si nous luttons contre la division, nous l’aggravons. Si nous ne faisons qu’un avec elle, nous l’abolissons. Tant que nous luttons contre le mouvement de la vie, nous ne sommes pas pleinement vivants. Ici, nous ne cherchons pas à adopter une position, mais plutôt à suivre le mouvement. Le mouvement de la vie nous emporte avec lui, que nous le suivions ou que nous lui résistions. Il n’est pas question de lutter contre la pensée ou contre le langage, ce qui serait un combat perdu d’avance. » (4)

Je lis. C’est limpide mais deux secondes plus tard des questions me viennent à l’esprit. Comment par exemple faire un avec le mouvement et la vie puisqu’ils nous contiennent, nous enveloppent, nous préexistent et nous survivront ? N’est-ce pas l’immodestie humaine qui nous fait croire que nous ferions un avec la totalité de l’être ? N’est-ce pas bouddhiste comme vision ? Et si on disait plutôt qu’on se met en mode perception de ce grand mouvement, ne serait-ce pas plus proche de ce que nous avons appris plus tôt dans ce livre ? Je reste avec mes questions mais je refuse de m’arrêter pour autant !

« Les explications sont utiles, mais elles nous donnent une fausse impression de maîtrise. Aucune ne peut entamer le mystère de la vie. C’est par la vie que tout le reste apparaît, et quand la vie cesse, tout le reste cesse également. » Inutile d’essayer d’enserrer la vie dans les habits du concept et du langage.

Nous avons vu que dès que nous quittons la dimension de la vie nous sommes morts et que la mort hante le langage. Or l’auteur nous présente la mort comme intrinsèquement liée à la vie ! Si nous sommes dans la mort, nous sommes donc dans la vie puisque l’un est partie de l’autre ? Écoutons le philosophe avant de juger.

« Dans la mesure où la mort est inséparable de la vie, elle participe à son mystère. Mort et vie n’ont rien de contradictoire. Si nous ne sommes pas ouverts à la mort, nous ne pouvons l’être à la vie. La pensée ne peut pas plus comprendre la mort que la vie. Elle est un produit du passé se projetant dans le futur. La vie cependant échappe autant au passé qu’au futur. Elle est ce qui est en train d’avoir lieu. La pensée ne peut la saisir, ou elle n’en saisit qu’un double, une idée ou une image. Les discours n’en offrent qu’un aperçu. Le présent vivant est inconnu. Nul ne peut l’enchaîner. Il échappe nécessairement, puisqu’il se trouve déjà là, antérieur à toute volonté de maîtrise. La volonté de connaître et d’assujettir arrive trop tard, présupposant le mystère de la vie. La volonté de connaître s’enracine dans l’inconnu. La connaissance est liée au passé ou à la mémoire. Si l’homme s’identifie à la connaissance, il n’est pas pleinement vivant. Il ne l’est que s’il s’ouvre à l’inconnu. » (5)

Imaginez un peu ! Lors de ma première lecture, voici la remarque que j’ai écrite pour la citation ci-devant : N’est-ce pas un peu compliqué ? J’ai bien peur que la plupart sont ou seront découragés devant la grande difficulté d’entrer en contact avec la vie pour la comprendre. Les embûches sont multiples. (rires)

C’est à cause de cette difficulté que les sectes, les religions et les idéologies regroupent tant d’adeptes et voient leur membriété augmenter à la vitesse grand V dans bien des cas. La pensée a besoin d’un point fixe pour souffler mais ça n’existe pas. La théorie du refus du changement en gestion vient sûrement de ce constat à savoir que les humains refusent d’emblée un changement de structure, d’orientation, de tâches, etc. Mais cette théorie est elle-même biaisée car elle ne vise qu’à rassurer la direction. Repos pou repos, ça se vaut, non ?

La prochaine fois, nous poursuivrons notre appropriation laborieuse mais passionnée de cette œuvre riche en rebondissements vitaux ! :)

Au plaisir de vous retrouver devant ces octets savants (pas les miens ! ceux du philosophe) !

__________

(1) Œuvre à l’étude : Pierre Bertrand, le défi de vivre, Éditions Liber, Montréal 2009, 229 pages.

(2) Idem, page 30-31

(3) Idem, page 31

(4) Idem, page 31, 32

(5) Idem, page 32