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mai 9

Olla-podrida délicieux sur la mondialisation et le néolibéralisme galopant


Pauvreté : la cassure risque de s’élargir

« Œuvrant dans le camp des «perdants» et constatant déjà à quel point la citoyenneté des pauvres ne vaut pas cher, nous sommes extrêmement préoccupés en voyant le gouvernement se couler progressivement dans un courant où les droits reliés à la citoyenneté politique sont assimilés aux lois de la compétition marchande. Sur qui les laissés pour compte peuvent-ils compter pour sauver leur dignité quand l’Etat lui-même, et jusque dans la conception de ses politiques sociales, mime le comportement du marché en punissant les perdants et en récompensant les gagnants ? Le gouvernement ne détruit-il pas sa propre capacité d’être protagoniste de la justice sociale en acceptant d’entrer dans les rites initiatiques d’un monde de loups où, prétendument pour combattre la pauvreté, il doit hurler contre les pauvres sous prétexte de ne pas démotiver les riches et les «entrepreneurs» à produire de la richesse? » Joseph Giguère, Coupe à blanc dans notre écosystème éthique, Le Devoir 22 mai 1997

Coupe à blanc dans notre système éthique

« Nous estimons pour notre part que la ligne politique qui prévaut actuellement dans l’équipe gouvernementale procède d’une mauvaise lecture des dynamismes de notre société. A vouloir faire des Québécois des clones du pur spécimen de l’individualisme libéral, on risque de détruire les fibres de notre tissu social les plus porteuses d’un authentique tonus de développement. Quand nous voyons des gens d’affaires rêver de faire fortune en vendant l’eau ou quand nous observons certaines tendances à assimiler des sujets aussi graves que l’euthanasie ou la peine de mort à des méthodes de gestion des coûts sociaux, nous nous disons qu’il est grand temps de mettre fin au forcing néolibéral visant à tout ravaler au rang de la marchandise. L’être particulier que nous sommes comme peuple peut survivre à un certain émondage de la réglementation publique, mais sûrement pas à la coupe à blanc de notre écosystème éthique. » Joseph Giguère, Coupe à blanc dans notre écosystème éthique, Le Devoir 22 mai 1997

Mondialisation. Souvenons-nous de l’opération SalAmi (accord multilatéral sur l’investissement)

« Le 25 mai 1998, 86 manifestants étaient arrêtés aux portes de l’hôtel Sheraton parce qu’il bloquaient l’accès à la Conférence de Montréal sur la mondialisation des économies. On les a vus, les coudes soudés, résister le plus longtemps possible aux policiers chargés de les déloger. L’opération SalAMI a fait la une des journaux et l’ouverture des nouvelles télévisées, à la joie des manifestants. Enfin, se sont-ils dit, la population prendra conscience de ce grand danger que constitue l’Accord multilatéral sur les investissements, l’AMI. »

[...]

« L’AMI était négocié depuis 1995 par des financiers du monde entier. Une fuite a permis à des groupes de défense des droits humains d’en prendre connaissance et de sonner l’alarme. L’AMI, ont-ils dénoncé, réduirait les pouvoirs des États en matière de protection de l’environnement, du travail, de la culture et des droits sociaux. Voilà pour le péril.

La résistance s’est dès lors organisée à l’échelle mondiale. Mais la sensibilisation de la population à cette menace abstraite et compliquée qu’est l’AMI s’est avérée difficile à susciter. Au Québec, l’opération SalAMI a organisé des manifestations pacifiques, fait circuler des pétitions, envoyé des lettres aux journaux, interpellé les élus. En vain. À six mois de la signature de l’accord, il fallait faire vite, ont-ils dit. La désobéissance civile était la seule façon, selon eux, d’attirer l’attention des médias et de la population. Voilà pour l’urgence et l’absence de choix. »

[...]

« On ne peut nier que la preuve déposée par l’opération SalAMI est touchante. D’abord, le seul fait qu’un groupe d’étudiants et de jeunes travailleurs ait décidé de s’attaquer avec succès à quelque chose d’aussi abstrait et compliqué qu’un accord sur les investissements suffit à susciter l’admiration. » Judith Lachapelle, journaliste, La croisade de salAMI, Le Devoir, 17 juin 1999

mai 7

Glanures de Michel Chartrand


Paroles de Michel Chartrand sur la mondialisation

« La spéculation est pas taxée. Pi v’là qu’avec la mondialisation des marchés, les assurance-accident, assurance-maladie, assurance-chômage, assurance-récolte ou bonheur social, c’est considéré comme des irritants, ça nuit aux investisseurs. [...] Elle est belle notre époque ! C’est pire qu’en 1933. Tout ce qu’on avait gagné, on est en train de le perdre. » Michel Chartand, Propos rapportés par Josée Blanchette dans : Chartrand tel qu’en nous-mêmes, Le Devoir 1er mai 1998

Profits de l’industrie pharmaceutique

« Le pouvoir économique domine. Trouvez ça normal, vous, que 20,000 compagnies aient des comptes de banque aux îles Caïman qui fait 30,000 de population ? L’industrie pharmaceutique fait 32% de profits après impôts. Il font plus de profit que les banques, christ ! » Michel Chartand, Propos rapportés par Josée Blanchette dans : Chartrand tel qu’en nous-mêmes, Le Devoir 1er mai 1998

Traitement réservés aux personnes âgées dans les CHSLD et ailleurs

« On utilise une seringue pour les faire manger plus vite et du push-push sans rinçage pour gagner du temps. Voilà comment on traite nos frères et nos sœurs, ma chère enfant du bon Dieu. Y a pas lieu d’être en colère ? Si je deviens gaga, je veux pas trop traîner. S’ils me mettent dans un centre d’accueil pis qu’ils me traitent comme ça, c’est le directeur qui va rentrer à l’hôpital, hostie. » Michel Chartand, Propos rapportés par Josée Blanchette dans : Chartrand tel qu’en nous-mêmes, Le Devoir 1er mai 1998

La grève vue par Michel Chartrand

« Une grève perdue, c’est pas perdu, parce que t’as gagné de la résistance. C’est souvent la première fois qu’ils disent non. Tu dis pas oui en naissant, pis en te mariant c’est le cul qui l’emporte sur la tête. La seule vraie décision, c’est quand tu te prives de ton salaire. Tu sors pas d’une grève comme tu y es rentré. » Michel Chartand, Propos rapportés par Josée Blanchette dans : Chartrand tel qu’en nous-mêmes, Le Devoir 1er mai 1998

Le scandale de la pauvreté

« Il y a quelque chose de scandaleux à ce que l’ensemble de la culture humaine, l’avancement technique et la capacité de création de richesses n’aient pas résolu le problème de l’accès aux biens premiers. Il faut mettre à jour ce qui ne tourne pas rond dans une doctrine libérale qui, au nom de la liberté, permet qu’une partie appréciable de la population soit dans l’insécurité quant aux biens premiers. » Michel Bernard et Michel Chartrand, Pour le retour du sens communautaire, L’Aut’ Journal, mars 1999