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juil 16

Les Québécois, un peuple de la forêt

Posted on Vendredi, juillet 16, 2010 in Feu de forêt, Forêt, Maniwaki, Outaouais, Prévention, Écrits

Le Château Logue abrite le Centre d'interprétation de l'historique de la protection de la forêt contre le feu.

Maniwaki est l’un des 4 centres québécois de la SOPFEU, Société pour la prévention des feux de forêt. Il y a aussi Val d’Or, Baie-Comeau et Roberval. Il n’est donc pas surprenant de trouver à Maniwaki un Centre d’interprétation de l’historique de la protection de la forêt contre le feu.

Le Centre est situé dans le château Logue, la maison d’un des grands développeurs de la région. Juste à côté, on ne peut manquer une haute tour d’observation de la forêt. On apprend qu’il y a quelques 500 de ces tours dont certaines sont très élevées (ex : 518 mètres). En comparaison, la Tour Eiffel fait 325 mètres !

Je souligne tout de suite l’excellent travail des deux guides du Centre : Sophie et Joël. Ils rendent la visite très intéressante et sont vraiment des pros ! Un gros merci ! Je ne vais souligner ici que quelques éléments de cette intéressante visite que la mémoire de Kim a fortement aidée à me remémorer !

On réapprend qu’il y a, détails esquivés, trois types de forêts au Québec : la mixte, la subarctique et l’arctique. Maniwaki est encore en zone mixte. Val d’Or se situe en zone subarctique. Après un feu de forêt, les premiers êtres vivants à revenir sont des insectes longicornes. Suivent les pics-bois qui se nourrissent de ces insectes et de leurs larves.

Suit un film sur la SOPFEU réalisé par une Québécoise dont j’oublie le nom mais qui, à lui seul, vaut le détour !

Une autre partie de l’exposition nous présente les camps de bûcherons. Les trois principaux rôles dans un camp étaient en premier lieu celui du cuisinier (quelquefois des femmes), ensuite celui du forgeron nécessaire pour chausser les chevaux et réparer les haches et autres outils des gars. La vie était parfois infernale dans ces camps. Le troisième rôle est celui du commis qui compte les heures et la production des hommes. Comme il était payé par la compagnie pour lui faire faire de l’argent, il n’était souvent pas aimé par les bûcherons et souvent avec raison.

Je savais comme presque tout le monde que l’on peut connaître l’âge des arbres en comptant les anneaux d’une coupe transversale. Mais pour cela, il fallait que l’arbre soit coupé. Or j’ai vu une tarière sylvestre qui peut retirer de l’arbre des carottes pour en déterminer l’âge alors qu’il est encore debout ! Comme j’aime le génie humain. Le Centre nous montre aussi une coupe d’un tronc d’arbre où on peut voir la blessure produite par un feu de forêt. On voit bien que le développement futur de l’arbre s’est fait dans une autre direction que le secteur de la blessure. Quelle force la nature !

Je saute tout le secteur des outils anciens qui nous présente des godendards, des sciottes, des haches rares, les ancêtres des scies à chaîne qui pesaient très lourd et devaient être manipulées par deux hommes.

On apprend qu’au début des efforts de protection de la forêt, vers 1920, il fallait des permis pour pénétrer dans la forêt. Comme l’efficacité de la mesure était nulle, on a institué des permis de brûlage. Ceci vers 1942. Information intéressante : les Blancs « échappaient » souvent leur feu alors que les Amérindiens ne l’échappaient jamais ! Échapper son feu est une expression maniwakienne qui  signifie perdre le contrôle de son feu. N’oublions pas que ce sont les Amérindiens qui ont montré aux Blancs comment améliorer leurs gazons et cultures par le feu.

La dernière partie de la visite est constituée d’un centre d’observation et d’intervention de la SOPFEU ! On peut voir presque en temps réel l’état des feux dans la province, la situation des CL 415, et des hélicos. Chaque incendie est noté par des petits points de couleur sur une immense carte du Québec. Cette année, le feu le plus important a détruit une superficie plus grande que celle du Lac Saint-Jean ! Vous imaginez comment c’est immense !

On nous présente ensuite des données hyper intéressantes sur ordinateur : la fréquence de la foudre qui frappe le sol, les années où il y a eu le plus de feux, etc. Encore là, il n’y aurait que ce troisième étage et ça vaudrait le déplacement. Et le tout dure tout au plus une heure et demie ! Mémorable. Comme nous faisons de mieux en mieux les choses au Québec ! Je suis fier d’être Québécois quand je vois de telles réalisations !

J’oubliais! Le plus vieil arbre québécois a mille ans et est en Abitibi ! [ajout suite à une collaboration de rainette : cet arbre est un thuya de quelques mètres de hauteur seulement !]

Dernier élément : les Anishinabeg de Kitigan Zibi ont réussi à récupérer un grand terrain qui avait servi de cimetière amérindien et plus tard aux colons français et anglais. Ils ont amorcé leur campagne pour le récupérer en 1994 et l’ont finalement obtenu en 2006, après 12 ans d’efforts ! Tous les restes humains ont été transférés ailleurs et l’emplacement a été transformé en parc commémoratif. À visiter pour plus de détails.

J’ai  vu !