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juil 22

Un mouton devenu un tigre.

Posted on Jeudi, juillet 22, 2010 in Guérilla, Obéissance, Rébellion, Révolte, Soumission, Écrits

J’ai toujours été soumis, en apparence. Je me soumettais à mes parents. Je n’avais pas le choix ! Si je montrais mon opposition, on me disait que je ne pouvais pas répondre et si je répondais, on me menaçait de l’école de réforme. Juste le terme école de réforme me convainquait de me fermer la gueule. Je ne me souviens plus de la description que ma mère en avait fait mais j’avais été convaincu et comme un chien de Pavlov, je réagissais de la même façon à chaque fois : dans ton panier, chose !

J’étais aussi soumis à mes profs. En 8 ans au collège, je n’ai eu qu’une fois un « passable » de conduite. Jamais de « médiocre ». Vous auriez dû voir la réaction de ma mère. J’aurais battu un prof que ce n’eut pas été pire. Elle a appelé au collège et ne s’est calmée que lorsqu’elle a connu tous les détails de ma conduite.

Mon prof d’anglais, M. Lacasse, devant ma conduite indisciplinée un beau jour se fâcha noir et me dit que je finirais derrière des barreaux de prison, mitraillette à la main. Quelle déclaration pédagogique aurais-je pu lui répondre, si j’avais eu le tact que j’ai aujourd’hui. Mais à l’époque, j’étais bien trop « dressé » pour répondre. Ce prof d’anglais n’avait pas tout faux et avait saisi ma nature foncièrement rebelle et révoltée.

Quand il était fâché contre un élève, le père Léonard, qui, soi-disant, souffrait de maladie cardiaque, donnait aux élèves insoumis une petite pilule rouge qu’ils devaient laisser sous leur langue comme les pilules de nitro. J’avais tellement peur que j’étais muet pendant ses cours. Beaudoin avait eu à mettre sous sa langue cette boule rouge. Comme il hésitait et refusait, la scène, loufoque, avait duré un bon dix minutes et avait enragé Léonard. Toutefois, tout le monde riait par en dedans seulement.

Que ce soit à l’épicerie Gougeon où j’ai travaillé dès l’âge de 15 ans l’été ou dans les bureaux de poste les années suivantes ou encore chez Morgan (devenu La Baie depuis) ou encore une compagnie de transport ou à la biscuiterie David, j’ai toujours été discipliné et soumis aux patrons. Une seule fois je me suis révolté contre les conditions de travail chez un éboueur de l’ouest de la ville. Nous n’avions pas de pause et j’ai décidé d’aller m’acheter une boisson gazeuse dans un garage. J’ai perdu mon emploi. Le boss était un « ami » de mon père. Mais j’ai pu être congédié parce que j’avais incité mes camarades de travail à se syndiquer pour améliorer leurs conditions de travail. Je me souviens encore comme je les avais trouvé défaitistes et fatalistes.

Alors quand je suis arrivé à l’âge de jeune adulte, toutes les conditions étaient réunies pour que je devienne un tigre indomptable. Fini l’arbitraire et le pouvoir absolu pour moi. Dorénavant, le pouvoir devrait s’expliquer et me convaincre. Sinon ce serait la guérilla. Et ce le fut et le resta depuis lors.

J’ai dit !